Le monde de l'Internet nous a habitué au "gratuit". Cependant, toute activité a un coût. Dans le cas d'un service en ligne, ce coût correspond à l'hébergement de la plate-forme, à la rémunération des administrateurs qui la maintiennent en état de fonctionnement et à celle des développeurs qui font évoluer le logiciel.
Les services "gratuits" se rémunèrent par la publicité. Ce modèle présente deux inconvénients majeurs pour assurer la démocratie:

  • d'une part, les utilisateurs ne sont plus les clients, mais la marchandise mise en vente auprès des véritables clients, qui sont les annonceurs publicitaires
  • plus grave, ces annonceurs, qui concentrent le pouvoir financier de faire vivre ou mourir la plate-forme, peuvent décider de la tuer si les propositions qui y sont élaborées sont au détriment de leurs intérêts.

La démocratie est au contraire un régime de pouvoir distribué. Cela vaut aussi pour le pouvoir économique de faire vivre ou mourir la plate-forme. De ce point de vue, le fait de demander une contribution faible, mais uniforme, à tou(te)s les utilisateurs(trices) est la manière la plus efficace et la plus juste d'assurer que ce pouvoir économique est distribué auprès de tou(te)s.
Ce modèle payant est celui utilisé par des médias et services soucieux de leur indépendance face aux pressions des pouvoirs économiques, comme Médiapart en France ou die Tageszeitung en Allemagne.

Le caractère démocratique d'une décision repose entièrement sur la qualité de ses procédures. Selon que les procédures ont ou non pris en compte concrètement et équitablement les attentes et les intérêts de tou(te)s, la décision pourra être considérée comme démocratique ou non. Le contenu de la décision n'intervient pas dans ce jugement: une dictature ou une bureaucratie bienveillantes et intègres peuvent tout à fait prendre des décisions de grande qualité pour le bien de tou(te)s, et des démocraties des décisions désastreuses.
Le plus grand danger auquel une démocratie est confrontée est la tentative de prise de pouvoir par une minorité, de concentration du pouvoir entre un nombre restreint de mains, en général à l'intérieur de la structure, et souvent aux échelons les plus hauts de responsabilité. Les procédures d'une démocratie doivent donc se prémunir contre ce type très particulier de malveillance, envisager toutes les attaques possibles et les prévenir. Par exemple, des urnes transparentes évitent qu'elles ne soient "bourrées" avant le scrutin, des isoloirs installés au vu de tou(te)s, et dont l'usage est obligatoire, assurent que l'électeur(trice) n'est soumis(e) à aucune pression lors de son vote. Ces procédures doivent être conçues comme un système de sécurité, comme une chaîne dont tous les maillons sont cohérents les uns avec les autres, et dont la solidité totale est celle du maillon le plus faible.
Un logiciel de démocratie en ligne comme KuneAgi est dans la même situation. Sa conception doit prévenir le plus grand nombre possible d'actions par lesquelles certain(e)s concentreraient le pouvoir entre leurs mains, sachant que cette malveillance est susceptible d'être le fait des participant(e)s à la plate-forme eux(elles)-mêmes, voire de ses administrateurs techniques. C'est pourquoi il est conçu comme un système intégré, cohérent, fermé : c'est le prix à payer pour qu'il soit, sinon totalement étanche (la sécurité absolue n'existe pas), du moins suffisamment dissuasif pour décourager d'emblée l'essentiel des malveillances potentielles - et faire en sorte que, libéré(e)s du souci de chercher des moyens de contourner les règles, tou(te)s se consacrent de bonne foi à la réflexion de fond sur les propositions d'action, dans le cadre de règles justes, équitables et acceptées par tou(te)s.

Les usages du logiciel libre sont plutôt de coder très vite, très tôt, puis de corriger de façon incrémentale.

La raison pour laquelle le développement logiciel a commencé par une spécification, avant tout codage, est qu'un logiciel comme KuneAgi mobilise des enjeux de pouvoir très forts. Une fois mise en service dans une organisation, une version incomplète de KuneAgi laissant la possibilité d'une confiscation de pouvoir par quelques-uns ne peut plus être modifiée, comme ce serait le cas dans du développement incrémental devenu classique dans le logiciel libre. Non pas pour des raisons techniques, mais parce que ceux qui auront su exploiter les faiblesses d'une version préliminaire refuseront de la voir évoluer dans une direction qui les déposséderait de leur pouvoir. C'est pourquoi, contrairement au processus de développement habituel du logiciel libre, il est très important que, dès la version 1.0 du logiciel, les éléments essentiels du fonctionnement démocratique, et qui sont décrits dans la spécification, soient en place.

C'est aussi la raison pour laquelle le développement de KuneAgi est réalisé en-dehors de toute organisation existante, à l'aide une souscription publique.

Les logiciels propriétaires ne sont-ils pas plus fiables et plus complets ?

La fiabilité des logiciels libres est largement comparable à celle des logiciels propriétaires, comme le démontre son utilisation très répandue dans les infrastructures de l'Internet. Par ailleurs, le nombre des relecteurs de code et de testeurs assure une correction de bogues précoce et exhaustive.

Le point-clef est ailleurs. Lorsqu'un logiciel prétend assurer la démocratie à l'intérieur d'un groupe d'utilisateurs, il est absolument nécessaire que le code-source soit ouvert et accessible à tou(te)s. En effet, c'est la seule manière d'assurer que le logiciel fait effectivement ce qu'il prétend faire, et qu'il ne comprend pas de clausules et chausses-trappes par lesquelles des personnes mal intentionnées modifieraient son fonctionnement (en manipulant les résultats de votes, en détruisant des travaux, en dissolvant des groupes de travail, en retenant des transmissions d'information,.... l'imagination des confiscateurs de pouvoir, à nouveau, est infinie).

C'est parce leur code-source est ouvert que nous avons fait le choix de logiciels libres.

De surcroît, travailler à partir de logiciel libre permet de s'appuyer sur une base de code existante considérable, validée, en toute légalité.

L'indexation des Documents est nécessaire pour alerter un(e) participant(e) de l'apparition d'un nouveau Document conforme à ses Centres d'Intérêt, de façon automatique. Ainsi, le(la) participant(e) peut demander à participer au Groupe de Travail correspondant, sans perte de temps.


De même, l'indexation permet de regrouper les Documents par thèmes, afin d'identifier ceux qui portent sur des sujets voisins, et qui présentent le cas échéant des solutions concurrentes : le(la) participant(e) peut alors attribuer son Soutien en pleine connaissance de cause.