Le monde de l'Internet nous a habitué au "gratuit". Cependant, toute activité a un coût.

Dans le cas d'un service en ligne, ce coût correspond à l'hébergement de la plate-forme, à la rémunération des administrateurs qui la maintiennent en état de fonctionnement et à celle des développeurs qui font évoluer le logiciel.
Les services "gratuits" se rémunèrent par la publicité. Ce modèle présente deux inconvénients majeurs pour assurer la démocratie:

  • d'une part, les utilisateurs ne sont plus les clients, mais la marchandise mise en vente auprès des véritables clients, qui sont les annonceurs publicitaires
  • plus grave, ces annonceurs, qui concentrent le pouvoir financier de faire vivre ou mourir la plate-forme, peuvent décider de la tuer si les propositions qui y sont élaborées sont au détriment de leurs intérêts.

La démocratie est au contraire un régime de pouvoir distribué. Cela vaut aussi pour le pouvoir économique de faire vivre ou mourir la plate-forme. De ce point de vue, le fait de demander une contribution faible, mais uniforme, à tou(te)s les utilisateurs(trices) est la manière la plus efficace et la plus juste d'assurer que ce pouvoir économique est distribué auprès de tou(te)s.
Ce modèle payant est celui utilisé par des médias et services soucieux de leur indépendance face aux pressions des pouvoirs économiques, comme Médiapart en France ou die Tageszeitung en Allemagne.